Jeremy Bentham

T. L. S. Sprigge (ed.), The Collected Works of Jeremy Bentham: The Correspondence of Jeremy Bentham, Vol. 1: 1752–76

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Editor’s Note144aToGodefroiEarly October 1775 (Aet 27)

Au bord de 5 ans, Monsr., je ressens encore trop vivement les /marques de/ politesses dont je suis redevable a vous et votre famille, pour ne pas embrasser avec joie une occasion qui se presente de vous en remercier. Je garde encore soigneusement le |                         | /en qualité de temoignages/ ces deux marques de l'amitié dont il vous a plu me temoigner pendant mon sejour a Paris. Celui qui aura l'honneur de vous presenter ceci est mon frere, pg 282puisque il est né de meme pere et mere, autrement je l'aurois pu nommer l'enfant de mes soins. Je doute s'il pourra mieux se faire entendre que son ainé: d'ailleurs vous le trouveriez en /quand al'/ esprit /aux manieres et a l'esprit/ plus Anglois que François, mais aussie bon garçon, s'il m'est permis de le dire, qu'on peut etre. [In margin: A l'age de 18 ans quoique sage comme un devot il est deja philosophe d'apres soi et non pas sur parole.] Il est à present etabli a Chatham dans un des chantiers Royaux pour y etudier l'architecture navale. Il vous instruira a son mieux de tout ce dont vous pourrez souhaiter savoir de moi. Moi je me bornerai a dire, que Possedant un somme qui suffit a mes petits besoins /Ayant justement ce qu'il faut pour me subsister/ j'ai [in margin: congedie, bien au regret de mon pere comme vous pourrez vous imaginer, et] laissé la profession pour travailler a la reforme de la science: etude /emploi/ penible[?] laquelle /lequel/ si elle /s'il/ me (dont si je serois assez heureux pour remporter) a moi tant soi peu d'honneur, et a ma patrie de profit, c'est tout ce que j'en attends.2 D'ailleurs, vous savez que chez nous on peut en tout genre proposer impunement /en toute sureté/ des projets de reforme, et que pour ceux qu'on trouve mauvais, il n'y a d'autre punition que le mepris. Notre Jurisprudence, comme la votre, et comme toute Jurisprudence, presente une bien abondante moisson d'abus et de sottises, pour qui y veut mettre son faux. Votre divine Helvetius, le saint tutelaire que [in margin: j'adore, est mon sentier[?] et mon guide] Comment en sont /se portent/ les Arts? Ils se retablissent /On peut esperer et se raniment sous les auspices d'un regne actif et benin/ roi jeune et aimé.

Mon frere connoit notre ancien ami Monsr. Martin : mais non pas Mr. Smith.3 /De ce dernier/ Tout ce que je sais, c'est qu'il est etabli a Edingburgh, ou a ce que m'en dit Mr. Martin, il fait assez bien ses affaires. Je ne l'ai pas vu depuis que suis a Paris. A peine Mr. Martin

l 'a t il vu pour quelques moments, chemin faisant de Paris a Edingburgh.

Le pauvre Mr. Martin a perdue il y a trois mois sa femme, laquelle il aimoit on ne peut pas mieux. Cela l'a plongé dans une tristesse dont il ne sortira pas apparemment de long temps. /Cependant/ Si on pourroit se trouver a son aise après un tel coup, il le seroit. Sa bonhomie et son talent lui ont procuré la protection de Milord Mansfield d'un […?] distingué. Ce Seigneur qui est comme vous pg 283savez un des premiers du royaume /hommes de la Nation/ se comporte envers lui plutot en ami, ou en pere, qu'en protecteur. Pour faire diversion a son chagrin, Mylord l'a pris dans sa maison de campagne, ou il a eté il y a un mois ou d'avantage comme un de la famille.

Mme. Martin n'a pas laisse enfans a son mari, ceux qu'elle a eus sont morts, avant leur mere: mais elle lui a laissé en proprieté un bien de 4 a 5000 francs de rentes, ce qui vaut bien une petite litière d'orphelins, dont la mere vient[?] a mourir pendant qu'ils sont encore […?]. l'amitié entre (lui et moi) /nous deux/ qu'a commencé notre rencontre en France, subsiste toujours. La vie sedentaire /et laborieuse/ que je mene ne me permet pas de le voir bien souvent: mais quand nous nous rencontrons c'est toujours avec plaisir: et il me consulte en guise d'ami sur tous ses affaires (juridiques). Je peux vous assurer qu'il ne vous oublie pas: et vous aurez bientot /dans peu de temps/ des marques de son ressouvenir.

Il m'a parlé il y a peu de jours de quelques vases, qu'il a commandés, et qu'il vous destine pour present. Peut etre qu'ils sont deja en chemin. Il sont d'une pierre singulaire et precieuse qui ne se trouve qu'en Angleterre et qu'on n'a decouvert que depuis quelques ans. [In margin: C'est, je crois, une terre de […?] qu'on appelle chrystallum[?] qui ne se travaille que tres difficilement. Les naturalistes l'appellent Radix amethystina. Les gens du commun Spath ou Petrificatum de Derbyshire, Province d'ou il est tiré.]4 Je serois veritablement charmé de scavoir que vous continuez de | le bonheur parfait dont vous m'avez paru jouir avec une epouse des plus aimables et des enfans /une petite/ qui lui ressemblent: mandez moi, je vous prie, en quoi maintenant elle[ ?] consiste. Je baise respecteusement les mains de Madame et de Mademoiselle sa soeur, de laquelle je serois bien aise de savoir, que pour le bonheur de quelque homme de merite, elle n'est plus demoiselle. Le jeune Chevalier comment s'occupe t'il? Est il pour les arts?

Si vu l'espace qui nous separe, il y avoit /se trouvoit/ quelque chose en quoi je pourrois vous etre utile, permettez moi de vous assurer, que rien ne feroit plus de plaisir a celui qui avec le respect et la reconnoissance les plus parfaits a l'honneur etre

  • Monsr. Votre tres obeissant serviteur et ami        
  • J.B.                    

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Editor’s Note
144a. 1 B.M. X: 564–565. Autograph draft.
This is a draft, headed 'Letter to Godefroi, Paris', of the letter promised in letter 142. It is undated, and we do not know for certain that a corresponding letter was actually sent; but it seems likely that it was, and if so, the date must have been early in October 1775.
For the recipient cf. letter 142, n. 5. It has not been possible to identify him further, though it is tempting to suppose that he was a member of the distinguished legal family of Godefroy.
Editor’s Note
2Bentham's marginal and interlinear insertions make it almost impossible to construct a coherent text for this sentence. The sense, however, is fairly elear.
Editor’s Note
3For David Martin cf. letter 90, n. 2. For Smith cf. letter 140 at n. 4.
Editor’s Note
4Bentham is evidcntly referring to Derbyshire-spar (he uses the spelling 'spath', described in the N.E.D. as 'now rare') or Derbyshire-drop—i.e. fluor spar, native calcium fluoride.
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